Vous venez de surprendre votre chien le museau dans la litière, en train de dévorer les crottes de votre chat. Ce spectacle vous révulse et vous inquiète à la fois. Rassurez-vous, ce comportement est bien plus fréquent qu’on ne le croit. Comprendre pourquoi votre chien mange le caca du chat vous permettra de mettre en place les bonnes solutions pour y mettre fin.
Pourquoi les crottes de chat attirent autant les chiens
Une question de protéines et d’odeur
Les chats sont des carnivores stricts. Leur alimentation, qu’il s’agisse de croquettes ou de pâtée, contient une concentration très élevée en protéines animales et en matières grasses. Leur système digestif, bien qu’efficace, ne parvient pas à absorber 100 % de ces nutriments.
Résultat : les selles félines restent chargées de résidus protéinés non digérés. Pour votre chien, ces crottes dégagent une odeur incroyablement appétissante, comparable à celle d’un aliment riche. C’est d’ailleurs ce qui différencie les excréments de chat de ceux d’un herbivore comme le cheval ou la vache, que certains chiens peuvent manger de façon occasionnelle sans que cela pose de réel problème.
La litière agit comme un buffet permanent. L’odeur concentrée dans cet espace clos attire le chien naturellement.
Un comportement instinctif chez certains chiens
Chez le chiot, tout passe par la gueule. Explorer son environnement en goûtant ce qu’il trouve est une étape normale de son développement. Il découvre, teste, analyse. La plupart du temps, ce comportement disparaît en grandissant.
Mais chez certains chiens adultes, cette habitude persiste. Certains individus présentent une attirance naturelle pour les excréments, sans que cela soit lié à un problème de santé. Cette coprophagie peut devenir récurrente si rien n’est mis en place pour l’interrompre.
Les vraies raisons derrière ce comportement
Carences alimentaires ou troubles digestifs
Un chien bien nourri avec une alimentation équilibrée ne devrait pas chercher des nutriments ailleurs. Si le vôtre se rue sur la litière, plusieurs pistes médicales sont à explorer.
Une alimentation de mauvaise qualité, pauvre en protéines ou en vitamines, peut pousser votre chien à compenser en mangeant des crottes. Son organisme cherche instinctivement ce qui lui manque. Les troubles de l’absorption intestinale (insuffisance pancréatique, inflammation chronique de l’intestin) empêchent une digestion correcte. Le chien reste en état de carence malgré ses repas.
Les parasites intestinaux jouent également un rôle. Vers ronds, ténias ou protozoaires comme la Giardia perturbent l’assimilation des nutriments. Le chien a faim en permanence et se tourne vers ce qu’il trouve, y compris les excréments du chat.
Si ce comportement apparaît brutalement chez un chien adulte qui ne le faisait pas avant, une consultation vétérinaire s’impose rapidement.
Causes comportementales
L’ennui est un moteur puissant de comportements indésirables. Un chien qui manque de stimulation mentale et physique peut développer des habitudes compulsives pour tromper son mal-être. Manger des crottes devient alors une occupation, aussi absurde que cela puisse paraître.
Le stress et l’anxiété créent des réactions étranges. Un chien qui vit dans un espace trop restreint, qui est isolé trop longtemps ou qui subit des changements brutaux (déménagement, arrivée d’un nouvel animal) peut se tourner vers la coprophagie comme mécanisme de gestion émotionnelle.
La peur de la punition est une autre explication. Si vous avez grondé votre chien de façon excessive lorsqu’il faisait ses besoins au mauvais endroit, il a pu associer ses excréments à quelque chose de négatif. Pour éviter votre colère, il les fait disparaître. Ce réflexe peut s’étendre aux crottes du chat.
Enfin, certains chiens mangent les excréments pour attirer votre attention. Même si vous criez ou le repoussez, c’est une réaction. Et pour un chien en manque d’interaction, même une attention négative vaut mieux que rien.
Quand consulter un vétérinaire
Tous les chiens ne nécessitent pas une visite d’urgence chez le vétérinaire. Si le comportement reste occasionnel et que votre chien est en pleine forme par ailleurs, vous pouvez d’abord tester les solutions pratiques.
En revanche, consultez sans tarder si le comportement est nouveau et soudain, si votre chien présente des signes associés comme des vomissements, des diarrhées, une perte de poids, de la fatigue ou un changement d’appétit. Ces symptômes peuvent indiquer une pathologie sous-jacente (parasitose, trouble digestif, carence sévère).
Un comportement compulsif et répétitif, où le chien se précipite systématiquement vers la litière malgré vos interventions, mérite également un avis professionnel. Un bilan de santé complet permettra d’écarter toute cause médicale et, si nécessaire, d’orienter vers un comportementaliste canin.
Les risques réels pour votre chien
Parasites et infections
Le principal danger lié à l’ingestion de crottes de chat est la transmission de parasites intestinaux. Les excréments félins peuvent contenir des œufs de vers ronds (ascaris), de vers plats (ténias), d’ankylostomes, de trichures ou encore de protozoaires comme la Giardia.
Votre chien, en les avalant, se réinfeste en permanence. C’est un cercle vicieux qui affaiblit son organisme. Les symptômes incluent des diarrhées, des vomissements, une perte de poids progressive, un poil terne et un état de fatigue chronique.
Les bactéries pathogènes présentes dans les selles peuvent également provoquer des infections digestives. Même si le système digestif du chien est conçu pour éliminer une bonne partie de ces agents, le risque existe, surtout chez les chiens fragiles, jeunes ou âgés.
La vermifugation régulière est indispensable pour tous les chiens, mais encore plus pour ceux qui pratiquent la coprophagie. Respectez le calendrier recommandé par votre vétérinaire (tous les 3 à 6 mois selon le mode de vie).
Troubles digestifs possibles
Même sans parasites, ingérer des excréments en quantité peut provoquer des troubles digestifs passagers. Votre chien peut vomir, avoir des diarrhées, des ballonnements ou des douleurs abdominales.
Ces symptômes restent généralement bénins et se résolvent d’eux-mêmes en 24 à 48 heures. Si les troubles persistent ou s’aggravent, une consultation s’impose pour éviter une déshydratation ou une complication.
L’autre risque, moins médical mais tout aussi réel, concerne votre propre confort. Un chien qui mange des crottes développe une haleine infecte. Les léchouilles affectueuses deviennent alors une épreuve difficile à supporter au quotidien.
Solutions concrètes pour stopper ce comportement
Rendre la litière inaccessible
La solution la plus rapide et la plus efficace consiste à empêcher physiquement votre chien d’accéder à la litière. Optez pour un bac à litière couvert avec une porte battante. Votre chat pourra entrer et sortir sans problème, mais votre chien sera découragé par la complexité d’accès.
Si votre chat tolère mal ce type de litière, placez le bac dans un endroit inaccessible au chien. Une pièce fermée avec une chatière fonctionne parfaitement. Vous pouvez aussi installer la litière en hauteur, sur un meuble ou une étagère basse que le chat peut atteindre d’un bond.
Nettoyez la litière immédiatement après chaque passage du chat. Plus les crottes restent longtemps disponibles, plus votre chien aura l’occasion d’y accéder. Cette routine demande de la vigilance, mais elle coupe court à la tentation.
Enfin, choisissez une litière avec un filtre anti-odeurs intégré si vous optez pour un modèle couvert. Moins l’odeur se diffuse dans la maison, moins votre chien sera attiré.
Travailler l’éducation
L’éducation reste un pilier fondamental. Apprenez à votre chien à ne pas s’approcher de la litière en utilisant un « non » ferme mais sans violence. Soyez constant dans vos interventions. Chaque fois qu’il s’approche, intervenez immédiatement avec un ordre clair.
Récompensez-le lorsqu’il ignore la litière ou s’en détourne de lui-même. Un bon comportement mérite autant d’attention qu’une correction. Cette approche positive renforce les bons réflexes.
Ne punissez jamais votre chien après coup. Si vous découvrez qu’il a mangé des crottes en votre absence, toute réprimande sera inefficace. Votre chien ne fera pas le lien entre la punition et l’acte commis plusieurs minutes ou heures plus tôt. Pire, cela peut générer du stress et aggraver le comportement.
Si malgré vos efforts le problème persiste, envisagez de faire appel à un éducateur canin ou un comportementaliste. Ces professionnels identifieront les blocages et vous proposeront un programme adapté à votre situation.
Améliorer son quotidien
Un chien équilibré a moins de chances de développer des comportements problématiques. Vérifiez d’abord la qualité de son alimentation. Des croquettes de gamme vétérinaire ou une ration ménagère bien formulée couvrent tous ses besoins nutritionnels. Si vous avez un doute, demandez conseil à votre vétérinaire.
Augmentez la stimulation physique de votre chien. Des promenades quotidiennes variées, des jeux de balle, des parcours en extérieur : tout ce qui le fatigue sainement réduit l’ennui. Un chien fatigué est un chien apaisé.
La stimulation mentale compte autant que l’exercice physique. Les jeux de recherche, les puzzles alimentaires, les séances d’éducation courtes mais régulières sollicitent son intelligence et canalisent son énergie.
Identifiez et réduisez les sources de stress. Si votre chien vit des changements, accompagnez-le en douceur. Offrez-lui un espace calme, des routines stables et de l’affection sans excès. Un chien qui se sent en sécurité a moins besoin de développer des comportements compulsifs.
Suivi vétérinaire
Même si le comportement semble uniquement comportemental, un bilan de santé complet permet d’écarter toute cause médicale cachée. Votre vétérinaire pourra réaliser des examens (prise de sang, analyse de selles) pour vérifier l’absence de parasites, de carences ou de troubles digestifs.
La vermifugation doit être adaptée au mode de vie de votre chien. Si celui-ci a accès à la litière du chat, un traitement tous les trois mois est recommandé. Certains antiparasitaires couvrent un large spectre et protègent efficacement contre les réinfestations.
Enfin, si aucune cause physique n’est identifiée et que le comportement reste problématique, votre vétérinaire pourra vous orienter vers un vétérinaire comportementaliste. Ce spécialiste travaille sur les troubles du comportement et peut proposer, dans certains cas, un accompagnement médicamenteux temporaire en complément du travail éducatif.
Une combinaison de solutions pour des résultats durables
Voir son chien manger les crottes du chat est déstabilisant, mais ce comportement reste rarement grave. La plupart du temps, il s’explique par l’attrait naturel des excréments riches en protéines, par de l’ennui ou par une simple curiosité mal canalisée.
Pour y mettre fin, combinez les approches : rendez la litière inaccessible, renforcez l’éducation, améliorez le quotidien de votre chien et assurez un suivi vétérinaire régulier. Ces mesures, appliquées avec constance et patience, donnent des résultats concrets. Chaque chien est différent, certains corrigeront ce comportement rapidement, d’autres auront besoin de plus de temps. L’essentiel est de rester cohérent dans vos interventions.
