Constater de petites lamelles blanches sur le pelage de votre chien peut surprendre. Les pellicules canines, appelées squames en médecine vétérinaire, touchent tous les chiens quelle que soit leur race. Comprendre leur origine permet d’agir vite et d’éviter que le problème s’installe.
Pellicules chez le chien : de quoi parle-t-on vraiment ?
Les pellicules sont des cellules de peau mortes qui se détachent du cuir chevelu de votre chien et viennent se déposer sur son pelage. Ce processus est totalement naturel : la peau se renouvelle en permanence. Sauf que lorsque ce renouvellement s’emballe, les cellules mortes deviennent visibles à l’œil nu.
Attention à ne pas confondre pellicules et parasites. Les mites blanches de peau, également appelées acariens Cheyletiella, ressemblent à des pellicules mais bougent légèrement. Si vous observez attentivement et que ces points blancs se déplacent, il s’agit de parasites qui nécessitent un traitement antiparasitaire immédiat.
En petite quantité, les pellicules sont normales. Elles deviennent problématiques lorsqu’elles sont abondantes, épaisses, adhérentes ou accompagnées de démangeaisons, rougeurs ou perte de poils. C’est à ce moment qu’il faut chercher la cause.
Les causes les plus fréquentes des pellicules chez le chien
Une alimentation déséquilibrée
La première piste à explorer, c’est la gamelle. Une alimentation pauvre en nutriments essentiels se traduit directement sur la peau et le pelage de votre chien. Les acides gras oméga 3 et 6 ne peuvent pas être fabriqués par l’organisme canin : ils doivent impérativement être apportés par l’alimentation. Sans eux, la peau s’assèche et les pellicules apparaissent.
Les protéines de qualité jouent aussi un rôle central. La peau et le pelage utilisent près de 30 % de l’apport quotidien en protéines de votre chien. Si les croquettes sont trop pauvres ou peu digestibles, la santé cutanée en pâtit immédiatement.
Enfin, la vitamine A régule la croissance des cellules de peau et la production de sébum. Une carence ralentit le renouvellement cutané et provoque un dessèchement visible.
Les signes qui doivent vous alerter : un poil terne, sans brillance, une chute de poils inhabituelle et des pellicules qui s’accumulent rapidement. Si vous venez de changer d’alimentation, procédez par élimination : retirez d’abord les céréales, puis testez une alimentation monoprotéinée pour identifier une éventuelle intolérance.
Un entretien inadapté du pelage
Le brossage et les bains jouent sur la santé de la peau, dans un sens comme dans l’autre. Trop laver votre chien élimine le sébum naturel qui protège son épiderme. La peau devient sèche, irritée, et les pellicules apparaissent. Les shampoings pour humains, même doux pour bébés, ne conviennent pas : le pH de la peau canine est différent du nôtre.
À l’inverse, un entretien trop rare empêche l’aération correcte de la peau. Les cellules mortes s’accumulent, les poils se collent, l’humidité stagne. Résultat : irritation et pellicules.
La brosse compte aussi. Une brosse à picots sur un chien à poil court irrite la peau en profondeur. Une brosse inadaptée crée des micro traumatismes cutanés qui favorisent la desquamation. Adaptez toujours votre matériel au type de pelage de votre chien.
Le bon rythme : un bain tous les deux à trois mois pour un chien d’appartement qui sort peu, davantage pour un chien actif qui se roule dans la boue. Utilisez un shampoing vétérinaire adapté, jamais de produit humain.
Un climat ou environnement sec
L’hiver est une période critique. Le chauffage intense assèche l’air ambiant et déshydrate la peau de votre chien. Les radiateurs qui tournent à plein régime créent une atmosphère très sèche qui accélère la perte d’hydratation cutanée.
Les chiens qui ne boivent pas assez souffrent aussi de sécheresse cutanée. Si votre compagnon a tendance à bouder sa gamelle d’eau, sa peau en paie directement le prix. Vérifiez que l’eau soit toujours fraîche et accessible.
Les climats naturellement secs amplifient le phénomène. La peau se déshydrate plus vite, votre chien se gratte davantage pour soulager l’inconfort, ce qui aggrave l’irritation et multiplie les pellicules.
Ce type de pellicules est souvent saisonnier. Elles apparaissent en automne et persistent tout l’hiver, puis disparaissent au printemps. Si c’est le cas chez vous, un humidificateur dans la pièce où dort votre chien peut faire toute la différence.
Les parasites externes
Puces, poux, tiques : tous ces parasites irritent la peau en se nourrissant du sang de votre chien. Les démangeaisons poussent votre animal à se gratter intensément, ce qui blesse l’épiderme et provoque une desquamation importante.
Les acariens Cheyletiella méritent une attention particulière. Ces parasites microscopiques vivent dans la fourrure et provoquent ce qu’on appelle les « pellicules mobiles ». Si vous observez attentivement, vous verrez que ces petits points blancs bougent légèrement : ce ne sont pas des pellicules, ce sont des acariens. Ils se nourrissent des follicules pileux et irritent fortement la peau.
Les infestations parasitaires s’accompagnent toujours de démangeaisons intenses. Votre chien se gratte sans arrêt, se mordille, frotte son arrière train au sol. Des lésions cutanées apparaissent rapidement.
Le traitement passe par un antiparasitaire adapté prescrit par votre vétérinaire. Si vous avez plusieurs animaux, tous doivent être traités en même temps, même ceux qui ne présentent pas de symptômes. Les parasites se transmettent facilement d’un animal à l’autre.
Allergies et intolérances
Votre chien peut développer une allergie environnementale : pollen, acariens de poussière, produits ménagers, parfums d’ambiance. Ces allergènes irritent la peau et déclenchent une réaction inflammatoire qui se traduit par des pellicules, des rougeurs et des grattages.
Les intolérances alimentaires provoquent aussi des manifestations cutanées. Certains chiens ne supportent pas une protéine spécifique (poulet, bœuf, poisson) ou les céréales présentes dans leurs croquettes. La peau réagit en s’irritant et en produisant des pellicules.
Les signes associés : oreilles sales ou qui sentent mauvais, léchage excessif des pattes, grattages répétés toujours aux mêmes endroits, rougeurs sur le ventre ou entre les cuisses. Si vous constatez ces symptômes en plus des pellicules, une allergie est probable.
Pour identifier une intolérance alimentaire, testez une alimentation monoprotéinée pendant au moins trois semaines. Si les pellicules diminuent avec une source de protéine mais réapparaissent avec une autre, vous tenez votre coupable.
Quand les pellicules cachent un problème de santé plus sérieux
Les troubles hormonaux et métaboliques
Certaines maladies métaboliques se manifestent par des pellicules abondantes. L’hypothyroïdie, fréquente chez le chien adulte et âgé, ralentit le métabolisme et perturbe le renouvellement cutané. La peau devient grasse, les pellicules s’accumulent et une odeur désagréable se développe.
Les troubles endocriniens créent ce qu’on appelle un état kératoséborrhéique. La production de sébum s’emballe, la peau s’épaissit, les pellicules deviennent épaisses et adhérentes. Bactéries et levures colonisent alors la peau, ce qui aggrave l’inflammation et l’odeur.
Ces pathologies nécessitent un bilan sanguin complet chez le vétérinaire. Les pellicules ne sont qu’un symptôme parmi d’autres : prise de poids inexpliquée, fatigue, poil terne généralisé, baisse d’énergie. Le traitement repose sur des médicaments spécifiques qui régulent les hormones défaillantes.
Les infections cutanées
La pyodermite est une infection bactérienne de la peau très courante chez le chien. Elle se manifeste par des pellicules, des croûtes, des boutons et parfois des zones sans poils. Cette infection survient souvent suite à une allergie, un problème d’hygiène ou une exposition prolongée à la chaleur.
Les infections fongiques comme la teigne donnent aussi un aspect squameux à la peau. Des plaques rondes et dépilées apparaissent, la peau rougit, des croûtes se forment. La teigne est contagieuse pour les autres animaux et pour l’homme : une consultation vétérinaire urgente s’impose.
Ces infections nécessitent un traitement médical adapté : antibiotiques pour les pyodermites, antifongiques pour la teigne. Les shampoings seuls ne suffisent pas à éradiquer le problème. Seul votre vétérinaire peut poser le diagnostic précis après examen de la peau et éventuellement un prélèvement au microscope.
Les maladies génétiques rares
L’ichtyose est une maladie congénitale qui touche certaines races comme le Golden Retriever ou le Bouledogue Américain. La couche superficielle de la peau s’épaissit progressivement et forme des écailles épaisses dès l’âge de huit semaines. Chez le Golden, la forme reste généralement légère et stable avec l’âge.
Les états kératoséborrhéiques primaires sont d’origine génétique. Contrairement aux formes secondaires qui résultent d’une maladie, ces troubles apparaissent sans cause sous jacente identifiable. Certaines races à poil long ou mi long y sont prédisposées.
Ces maladies se détectent par test ADN pour les races à risque. Elles se gèrent sur le long terme avec des soins cutanés adaptés, des shampoings spécifiques et parfois des compléments alimentaires. Elles ne guérissent pas mais se contrôlent bien avec un suivi rigoureux.
Comment réagir face aux pellicules de votre chien
Les gestes à adopter immédiatement
Brossez votre chien quotidiennement. Ce geste simple redistribue le sébum naturel sur l’ensemble du pelage, masse la peau, élimine les cellules mortes et stimule la circulation sanguine. Choisissez une brosse adaptée à son type de poil.
Vérifiez qu’il boive suffisamment. Une peau bien hydratée commence par une hydratation interne correcte. Changez l’eau deux fois par jour, proposez plusieurs points d’eau dans la maison si nécessaire.
Analysez la composition de ses croquettes. Les trois premiers ingrédients doivent être des protéines de qualité. Recherchez la mention d’acides gras oméga 3 et 6, d’huile de poisson ou d’huile de lin. Si ces éléments manquent, envisagez un complément alimentaire ou un changement progressif d’alimentation.
Espacez les bains si vous lavez votre chien trop souvent. Un bain mensuel pour un chien d’appartement est généralement excessif. Limitez les lavages aux moments où c’est vraiment nécessaire.
Installez un humidificateur dans la pièce où dort votre chien si l’air est très sec, surtout en hiver. Maintenir un taux d’humidité entre 40 et 60 % soulage considérablement la peau.
Quand consulter un vétérinaire
Certains signes imposent une consultation rapide. Si les pellicules sont très abondantes, épaisses et collent au pelage, il ne s’agit plus d’un simple problème d’entretien ou de climat.
Les démangeaisons intenses doivent vous alerter. Un chien qui se gratte sans arrêt, se mordille jusqu’à se blesser, frotte son corps contre les murs ou les meubles souffre réellement. Ce n’est pas normal.
La perte de poils par plaques, l’apparition de croûtes, de rougeurs importantes ou de zones enflammées signalent une infection ou une maladie cutanée qui nécessite un traitement médical.
Une odeur forte et désagréable du pelage, même après un bain, indique souvent une surinfection bactérienne ou une séborrhée grasse d’origine hormonale.
Si malgré vos ajustements (alimentation, rythme de brossage, espacement des bains) aucune amélioration ne se produit au bout de deux semaines, consultez. Votre vétérinaire procédera à un examen complet de la peau, éventuellement un prélèvement de pellicules au microscope et si nécessaire un bilan sanguin pour écarter un trouble hormonal.
Les traitements possibles selon la cause
Pour une infestation parasitaire, votre vétérinaire prescrira un antiparasitaire efficace comme la moxidectine en pipette ou en comprimé. Le traitement doit couvrir tous les animaux du foyer et être renouvelé selon les recommandations pour éviter une réinfestation.
Les shampoings spécifiques aident considérablement selon le type de pellicules. Les formules anti séborrhéiques régulent la production de sébum et éliminent l’excès de graisse. Les shampoings hydratants et émollients soulagent la peau sèche et diminuent les irritations. Des produits comme Douxo S3 Seb ou Atop 7 ont fait leurs preuves sur le terrain.
Les compléments alimentaires en oméga 3 et 6 corrigent rapidement les carences nutritionnelles. Vous constaterez une amélioration du pelage en trois à six semaines. La vitamine A peut également être supplémentée sous contrôle vétérinaire.
Pour les intolérances alimentaires, passez à une alimentation hypoallergénique ou monoprotéinée. La transition doit se faire progressivement sur trois semaines minimum pour éviter les troubles digestifs.
Les troubles hormonaux nécessitent des médicaments spécifiques qui régulent la thyroïde ou les autres glandes défaillantes. Le traitement est souvent à vie mais très efficace une fois le bon dosage trouvé.
Prévenir l’apparition des pellicules sur le long terme
La meilleure stratégie reste la prévention. Choisissez une alimentation de qualité dès le départ, adaptée à l’âge, la taille et l’activité de votre chien. Les croquettes bas de gamme économisent quelques euros par mois mais coûtent cher en santé sur le long terme.
Adaptez le rythme de lavage au mode de vie réel de votre chien. Un chien d’appartement qui sort en laisse sur du bitume n’a pas besoin d’un bain mensuel. Un chien qui se roule dans la boue chaque week end en a besoin davantage. Écoutez votre bon sens plutôt que des règles rigides.
Le brossage régulier constitue la meilleure habitude à prendre. Trois fois par semaine minimum pour un chien à poil long, une à deux fois par semaine pour un poil court. Ce moment renforce aussi votre lien et vous permet de détecter rapidement toute anomalie cutanée.
Si votre chien présente un terrain allergique ou sensible, maintenez une protection antiparasitaire toute l’année. Les traitements ponctuels laissent des fenêtres d’infestation qui suffisent à déclencher des réactions cutanées.
Enfin, un bilan vétérinaire annuel permet de détecter précocement les troubles métaboliques ou hormonaux. Plus tôt une hypothyroïdie est diagnostiquée, mieux elle se gère.
Les pellicules chez le chien sont rarement graves si vous agissez rapidement. Adapter son alimentation, son hygiène et surveiller l’apparition de signes associés suffit souvent à résoudre le problème. En cas de doute ou de persistance, votre vétérinaire reste votre meilleur allié pour identifier la cause exacte.
