Pourquoi mon chien mange son caca : les raisons

Vous venez de surprendre votre chien en train de manger ses propres excréments et vous êtes à la fois dégoûté et inquiet. Ce comportement, aussi repoussant soit-il pour nous, est plus fréquent qu’on ne le pense chez nos compagnons. Appelé coprophagie, il a toujours une explication et, dans la grande majorité des cas, il se corrige une fois la cause identifiée. Voyons ensemble ce qui se cache derrière ce geste et comment y remédier efficacement.

La coprophagie chez le chien, c’est quoi exactement

La coprophagie désigne le fait de consommer des matières fécales, qu’il s’agisse des siennes ou de celles d’autres animaux. Ce n’est pas une maladie en soi, mais un symptôme qui traduit quelque chose de plus profond : un déséquilibre alimentaire, un trouble du comportement, un problème éducatif ou parfois une pathologie digestive.

Contrairement à certaines idées reçues, votre chien ne fait pas ça pour vous provoquer ou attirer votre attention. Il répond à un besoin ou à un malaise qu’il faut décoder. La bonne nouvelle, c’est que dans la plupart des situations, ce comportement peut être corrigé avec de la méthode et de la patience.

Quand c’est normal (et temporaire)

Chez le chiot qui découvre le monde

Un chiot explore son environnement avec sa gueule. Pendant ses premières semaines de vie, il goûte à tout ce qui l’entoure pour comprendre ce qui est comestible ou non. Manger ses crottes ou celles d’un autre animal fait partie de cet apprentissage naturel.

Ce comportement exploratoire disparaît généralement autour de six mois, une fois que le chiot a intégré les bonnes habitudes alimentaires. Si ça persiste au-delà, il faut alors chercher une autre explication.

Chez la chienne qui vient de mettre bas

Une chienne qui allaite ses petits nettoie instinctivement le panier en consommant les excréments de ses chiots. Ce comportement maternel protège la portée en éliminant les odeurs qui pourraient attirer des prédateurs. C’est aussi une manière de maintenir un environnement propre pour les nouveau-nés.

Rien d’inquiétant ici : c’est codé dans son instinct de mère. Ce réflexe cesse naturellement quand les chiots commencent à s’éloigner du nid pour faire leurs besoins.

Le cas particulier des crottes d’autres animaux

Beaucoup de chiens adorent manger les excréments de chat. Ces derniers contiennent souvent des protéines non digérées qui rendent les selles particulièrement appétissantes pour un chien. Si votre animal vit avec un chat, cette attirance peut devenir problématique si vous ne limitez pas son accès à la litière.

De même, certains chiens se ruent sur les crottes de lapin, de cheval ou d’autres herbivores qu’ils croisent en promenade. Là encore, la richesse en résidus végétaux partiellement digérés explique cet intérêt soudain.

Les vraies raisons derrière ce comportement

Une alimentation inadaptée ou de mauvaise qualité

C’est la cause la plus fréquente. Si vous donnez à votre chien des croquettes bas de gamme ou peu digestibles, son organisme n’assimile qu’une partie des nutriments. Résultat : ses selles contiennent encore des résidus alimentaires qui attirent son attention et éveillent son appétit.

De la même manière, si vous le nourrissez avec des quantités excessives, même une alimentation de qualité produira des excréments riches en matières non digérées. Votre chien perçoit alors ses propres crottes comme une source de nourriture potentielle.

Enfin, une alimentation déséquilibrée peut provoquer des carences nutritionnelles, notamment en vitamines B ou en certains minéraux. Face à ce manque, le chien cherche instinctivement à compenser en consommant tout ce qui pourrait lui apporter les nutriments manquants, y compris ses excréments.

Un problème éducatif lié à la propreté

Si vous avez grondé trop sèchement votre chien lorsqu’il a fait ses besoins au mauvais endroit, surtout pendant son apprentissage, il a pu associer ses crottes à une source de problème. Pour éviter les réprimandes, il tente alors de faire disparaître les preuves en les mangeant rapidement.

Ce réflexe de dissimulation est courant chez les chiens qui ont vécu un apprentissage de la propreté trop strict ou punitif. Plus vous l’avez grondé, plus il aura peur de laisser traîner ses excréments. C’est un cercle vicieux difficile à briser si on ne reprend pas l’éducation sur des bases plus positives.

Certains chiens adoptent aussi ce comportement par imitation, surtout s’ils ont vu leur mère nettoyer ainsi le panier quand ils étaient chiots. L’habitude s’ancre et persiste à l’âge adulte.

Le stress, l’anxiété ou l’ennui

Un chien qui manque de stimulation mentale et physique développe parfois des comportements compulsifs pour évacuer son mal-être. La coprophagie peut devenir une sorte de rituel apaisant face à l’ennui ou à l’anxiété.

Les situations stressantes favorisent ce type de réaction : déménagement, arrivée d’un nouvel animal dans le foyer, absences prolongées, manque de sorties régulières. Un chien qui reste seul toute la journée dans un environnement peu stimulant cherche à s’occuper comme il peut.

Dans les refuges ou les chenils où les chiens vivent confinés, la coprophagie est particulièrement fréquente. L’isolement, le stress et le manque d’activité créent un terrain propice à ce comportement déviant.

Un problème médical sous-jacent

Certaines pathologies digestives expliquent aussi la coprophagie. Une insuffisance pancréatique exocrine, par exemple, empêche le chien de produire les enzymes nécessaires à une bonne digestion. Résultat : il ne tire pas profit de son alimentation et ses selles restent riches en nutriments.

Un déséquilibre du microbiote intestinal ou une prolifération bactérienne peuvent également perturber l’absorption des aliments. Le chien ressent une faim constante et tente de compenser en ingérant ses excréments.

Enfin, la présence de parasites intestinaux (vers ronds, ténias, giardia) peut provoquer des carences qui poussent l’animal à chercher des ressources ailleurs. Si votre chien mange ses crottes de manière répétée malgré une alimentation équilibrée, une consultation vétérinaire s’impose pour écarter ces pistes médicales.

Les risques réels pour sa santé

Le principal danger de la coprophagie, c’est la contamination par des parasites intestinaux. En ingérant des excréments, votre chien avale aussi les œufs de vers qui s’y trouvent. Les parasites les plus courants sont les ascarides (vers ronds), les ténias (vers plats), les ankylostomes et les protozoaires comme Giardia.

Ces parasites provoquent des symptômes variés : diarrhées, perte de poids, vomissements, fatigue, ventre gonflé. Un chien correctement vermifugé limite ce risque, mais aucun traitement n’offre une protection totale à 100 %.

L’autre risque concerne les infections bactériennes. Certaines bactéries présentes dans les selles peuvent déclencher des gastro-entérites, surtout si le chien consomme les excréments d’un animal malade ou porteur d’un virus (comme la parvovirose chez les chiots non vaccinés).

Enfin, préparez-vous à une haleine épouvantable. Un chien coprophage développe une halitose tenace qui rend les moments de complicité nettement moins agréables. Heureusement, ce problème se règle dès que le comportement cesse.

Rassurez-vous : le système digestif du chien est robuste et élimine une bonne partie des bactéries ingérées. Mais la vigilance reste de mise, surtout si votre animal a accès aux excréments d’autres chiens ou d’animaux sauvages.

Comment faire cesser ce comportement

Agir sur l’alimentation

Commencez par vérifier la qualité des croquettes ou de la ration ménagère que vous donnez. Privilégiez une alimentation premium hautement digestible, formulée pour que votre chien assimile un maximum de nutriments. Moins il reste de résidus dans les selles, moins elles seront attirantes.

Contrôlez aussi les quantités distribuées. Un chien suralimenté produit des excréments riches en matières non digérées. Respectez les doses recommandées en fonction de son poids, de son âge et de son niveau d’activité.

Si vous soupçonnez une carence, parlez-en à votre vétérinaire. Une prise de sang permet d’identifier d’éventuels déficits en vitamines ou minéraux. Dans certains cas, un complément alimentaire ciblé suffit à corriger le problème.

Revoir l’éducation à la propreté

Reprenez les bases de la propreté avec une approche douce et positive. Sortez votre chien régulièrement, surtout après les repas, et récompensez-le chaleureusement quand il fait ses besoins dehors. Ignorez complètement les accidents à l’intérieur plutôt que de le gronder.

Ramassez immédiatement les crottes, que ce soit dans le jardin ou lors des promenades. Moins il aura accès aux excréments, moins il pourra développer ou maintenir cette habitude. Ne laissez jamais traîner les selles dans son environnement de vie.

Si vous vivez en appartement, utilisez un tapis d’éducation et accompagnez votre chien fermement mais sans brusquerie vers l’extérieur dès que vous le voyez en position. Célébrez chaque réussite comme une victoire pour renforcer le bon comportement.

Enrichir son quotidien

Un chien stimulé physiquement et mentalement a beaucoup moins de risques de développer des comportements compulsifs. Augmentez la durée et la fréquence des promenades. Variez les parcours pour qu’il découvre de nouveaux environnements et de nouvelles odeurs.

Proposez-lui des jeux interactifs : puzzles pour chien, jouets distributeurs de friandises, jeux de recherche. Ces activités canalisent son énergie et occupent son esprit de manière constructive.

Passez du temps de qualité avec lui. Un chien qui se sent aimé, écouté et intégré à la vie de famille sera moins anxieux et moins enclin à développer des troubles du comportement.

Utiliser le renforcement positif

Lorsque vous surprenez votre chien en train de s’intéresser à ses crottes, détournez immédiatement son attention avec une friandise ou son jouet préféré. Récompensez-le généreusement quand il obéit et qu’il s’éloigne des excréments.

Ne criez jamais et ne le punissez surtout pas. Cela ne ferait que renforcer son stress et potentiellement aggraver le problème. Le renforcement positif fonctionne mieux et plus durablement que la coercition.

Soyez patient et cohérent. Il faudra peut-être plusieurs semaines avant que votre chien abandonne complètement cette habitude. Chaque petit progrès mérite d’être valorisé.

Consulter si le problème persiste

Si malgré tous vos efforts, votre chien continue de manger ses crottes, prenez rendez-vous chez le vétérinaire. Un bilan complet permettra d’écarter une cause médicale : troubles digestifs, parasites, insuffisance pancréatique ou déséquilibre hormonal.

Dans le cas où aucune pathologie n’est détectée, l’accompagnement par un éducateur comportementaliste peut s’avérer précieux. Ce professionnel analysera l’environnement de votre chien, son historique et ses habitudes pour proposer un plan de rééducation personnalisé.

Certains vétérinaires proposent aussi des compléments alimentaires ou des sprays répulsifs à pulvériser sur les selles. Ces produits peuvent aider temporairement, mais ils ne traitent pas la cause profonde. Ils ne doivent jamais remplacer une vraie démarche éducative et alimentaire.

En résumé

La coprophagie a toujours une explication, qu’elle soit alimentaire, éducative, comportementale ou médicale. Identifier la cause propre à votre chien est la première étape indispensable pour mettre fin à ce comportement dérangeant. Avec les bonnes actions et un peu de persévérance, la grande majorité des chiens abandonnent cette habitude. Si vous vous sentez dépassé ou si rien ne fonctionne, n’hésitez pas à solliciter l’aide d’un professionnel.

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koessler.buisness@gmail.com
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