Pourquoi mon chien perd des gouttes d’urine : causes et solutions

Vous découvrez des petites flaques au réveil, son panier est humide, ou vous remarquez des gouttes sur son passage. Votre chien perd de l’urine sans s’en rendre compte, et ça vous inquiète. Ce phénomène s’appelle l’incontinence urinaire. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est ni de la malpropreté ni forcément lié à un manque d’éducation. C’est un trouble physique fréquent, souvent gérable une fois qu’on en comprend l’origine.

Incontinence ou autre chose : comment faire la différence

Votre chien ne se met pas en position pour uriner. Il perd quelques gouttes en marchant, en dormant ou en se relevant. Parfois, il semble même surpris de se retrouver mouillé. C’est le signe typique de l’incontinence : une perte involontaire, sans contrôle.

À ne pas confondre avec la malpropreté. Un chien malpropre urine volontairement, en levant la patte ou en s’accroupissant, souvent à des endroits précis de la maison. Ici, le problème est comportemental, pas médical. L’incontinence, elle, échappe totalement au contrôle de l’animal.

Autre piège : l’infection urinaire. Dans ce cas, le chien urine très souvent, par petites quantités, parfois avec du sang ou une odeur forte. Il se met en position à chaque fois, il force, et ça peut lui faire mal. Ce n’est pas de l’incontinence pure, mais un signal d’inflammation qui le pousse à uriner sans cesse.

Enfin, certaines maladies comme le diabète ou l’insuffisance rénale donnent une soif excessive. Le chien boit beaucoup, produit énormément d’urine, et finit par ne plus pouvoir se retenir. Ce n’est pas non plus une vraie incontinence, mais une difficulté à gérer un volume anormal.

Les signes qui confirment l’incontinence : le panier ou le coussin régulièrement mouillé, des gouttes éparpillées dans la maison sans que le chien se soit mis en position, un léchage fréquent de la zone génitale, et parfois une irritation de la peau à cet endroit.

Les vraies raisons derrière ces pertes d’urine

Après la stérilisation, la cause la plus fréquente

L’incontinence post-stérilisation touche environ une chienne stérilisée sur cinq, selon certaines études. C’est de loin la cause la plus courante. Quand on retire les ovaires, le taux d’œstrogènes chute brutalement. Or, ces hormones jouent un rôle clé dans le maintien du tonus du sphincter urétral, ce muscle qui ferme l’urètre et retient l’urine dans la vessie.

Sans œstrogènes, le sphincter se relâche. L’urine s’écoule alors petit à petit, surtout quand la chienne est au repos, couchée ou endormie. Les chiennes de grande taille (Labrador, Rottweiler, Berger Allemand) sont plus exposées. Les chiennes en surpoids aussi.

Ce type d’incontinence apparaît rarement juste après l’opération. Elle survient souvent quelques mois, voire quelques années plus tard. Chez les mâles castrés, c’est beaucoup plus rare, mais ça existe, surtout chez les grands formats.

L’âge qui fragilise le contrôle

Avec les années, les muscles perdent naturellement de leur tonus. Le sphincter urétral ne fait pas exception. Un chien âgé peut devenir incontinent simplement parce que son corps vieillit. Ce phénomène s’accentue quand il y a déjà eu une stérilisation ou d’autres facteurs de fragilité.

Les pertes restent souvent modérées au début, puis s’intensifient progressivement. Elles se manifestent surtout la nuit ou après une longue sieste, quand le chien est totalement relâché.

Les infections et inflammations urinaires

Une cystite ou une infection urinaire provoque des envies pressantes et incontrôlables. Le chien ne perd pas vraiment le contrôle, mais il ressent une urgence permanente. Résultat : il urine très souvent, par petites quantités, parfois avec du sang.

Ces infections s’accompagnent généralement d’autres signes : urine qui sent fort, douleur visible quand le chien urine, léchage intense de la zone génitale, parfois de la fièvre. Si vous observez ces symptômes, une consultation rapide s’impose. Non traitée, l’infection peut remonter vers les reins.

La présence de cristaux ou de calculs dans la vessie peut aussi irriter la paroi et donner les mêmes symptômes.

Les causes plus rares mais possibles

Chez les chiots et les jeunes chiens, des pertes d’urine dès les premiers mois de vie peuvent révéler une malformation congénitale. L’uretère, ce conduit qui relie le rein à la vessie, peut déboucher au mauvais endroit. L’urine s’écoule alors en permanence, goutte à goutte. Ce type d’anomalie se détecte tôt et nécessite souvent une intervention chirurgicale.

Les troubles neurologiques perturbent le fonctionnement de la vessie. Une hernie discale, un traumatisme de la moelle épinière après un accident, ou toute lésion nerveuse peuvent empêcher le chien de contrôler correctement sa miction. Selon la gravité, le pronostic varie.

Chez les mâles non castrés d’âge moyen ou avancé, une hypertrophie de la prostate peut bloquer partiellement l’urètre. La vessie se distend, et l’urine finit par s’écouler par débordement. Ce n’est pas une incontinence classique, mais le résultat d’une obstruction.

Quand consulter le vétérinaire (et comment il va enquêter)

Dès que vous constatez des pertes d’urine répétées, prenez rendez-vous. Même si l’incontinence semble bénigne, elle cache parfois une pathologie sous-jacente qu’il vaut mieux détecter tôt.

Consultez en urgence si vous observez : du sang dans l’urine, une impossibilité totale d’uriner (le chien force sans que rien ne sorte), des signes de douleur intense, de la fièvre, une forte soif accompagnée d’une production d’urine massive, ou un changement brutal de comportement.

Le vétérinaire commence par un examen clinique complet. Il palpe l’abdomen, vérifie l’état de la vessie, observe la région génitale, et pose des questions précises : depuis quand ça dure, dans quelles circonstances (jour, nuit, activité, repos), l’historique médical (stérilisation, accidents, maladies antérieures).

Une analyse d’urine permet de détecter une infection, la présence de cristaux, de sang, ou une inflammation. Parfois, une prise de sang évalue la fonction rénale et dépiste d’éventuelles maladies métaboliques (diabète, syndrome de Cushing).

Si le diagnostic reste flou, le vétérinaire peut proposer une échographie ou un scanner pour visualiser la vessie, l’urètre, les reins, et repérer d’éventuelles malformations ou calculs. Dans certains cas, une cystoscopie (caméra dans les voies urinaires) s’avère nécessaire.

Chaque cause d’incontinence a son traitement spécifique. Sans diagnostic précis, impossible de soigner efficacement.

Ce que vous pouvez faire concrètement au quotidien

En attendant le rendez-vous vétérinaire ou en complément du traitement, quelques gestes simples soulagent le quotidien.

Multipliez les sorties, surtout le matin au réveil et le soir avant le coucher. Plus la vessie se vide régulièrement, moins les fuites sont importantes. Si votre chien est âgé ou peu mobile, facilitez lui l’accès à l’extérieur.

Protégez les lieux de couchage avec des alèses lavables ou des tapis absorbants. Évitez les couches en permanence, sauf si les pertes sont vraiment abondantes. La peau a besoin de respirer.

Ne punissez jamais votre chien. Il ne contrôle rien. Le gronder ne ferait qu’ajouter du stress, sans aucun effet sur les fuites. Au contraire, rassurez-le.

Surveillez l’hygiène. L’urine stagnante irrite la peau, provoque des rougeurs, des démangeaisons, voire des infections. Nettoyez délicatement la zone génitale avec de l’eau tiède et un produit doux adapté. Séchez bien après.

Observez l’évolution. Si les pertes augmentent, si vous remarquez du sang, une odeur anormale, ou si votre chien semble souffrir, retournez chez le vétérinaire sans attendre.

Les traitements possibles selon la cause

Pour une incontinence post-stérilisation, le traitement médical donne de bons résultats dans 70 à 80 % des cas. Le vétérinaire prescrit généralement des médicaments hormonaux (œstrogènes) ou des stimulants du sphincter urétral. Ces traitements se prennent souvent à vie, mais ils sont bien tolérés et permettent au chien de retrouver un contrôle normal.

En cas d’infection urinaire ou de cystite, des antibiotiques et des anti-inflammatoires suffisent généralement. Le traitement dure quelques jours à quelques semaines. Une analyse de contrôle confirme la guérison.

Les malformations congénitales nécessitent souvent une intervention chirurgicale. Selon la nature de l’anomalie et le moment du diagnostic, les résultats varient. Certaines malformations se corrigent bien, d’autres laissent persister une incontinence partielle.

Pour les troubles neurologiques, le pronostic dépend de la gravité des lésions. Certains chiens récupèrent avec un traitement adapté, d’autres gardent une incontinence permanente qu’il faut gérer au quotidien.

Chez les mâles avec une hypertrophie de la prostate, la castration ou un traitement hormonal réduisent la taille de la glande et soulagent les symptômes.

Dans tous les cas, le suivi vétérinaire régulier ajuste le traitement si nécessaire. L’objectif : redonner au chien une qualité de vie normale, ou au moins confortable.

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koessler.buisness@gmail.com
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