Que donner à un chien qui a la diarrhée : à savoir

Votre chien a la diarrhée et vous vous demandez que donner à un chien qui a la diarrhée pour le soulager rapidement. Avant de paniquer, sachez que dans la majorité des cas, cette réaction digestive est bénigne et se règle en quelques jours avec les bons gestes. Hydratation, repos digestif et alimentation adaptée : voici comment agir efficacement à la maison.

Premier réflexe : observer l’état général de votre chien

Avant de vous lancer dans quelque protocole que ce soit, prenez deux minutes pour évaluer l’état de votre compagnon. Un chien qui garde son entrain, continue de jouer, manifeste de l’intérêt pour vous et mange sans difficulté présente probablement une diarrhée bénigne. Elle disparaîtra d’elle-même avec un peu d’aide de votre part.

En revanche, certains signes doivent vous alerter immédiatement. Si votre chien est abattu, refuse de bouger, vomit de manière répétée, présente du sang rouge vif ou des selles noires dans ses excréments, a le ventre gonflé et douloureux au toucher, ou montre des signes de déshydratation (gencives sèches, peau qui ne reprend pas sa place quand on la pince légèrement), direction le vétérinaire sans attendre.

Les chiots de moins de six mois, les chiens âgés et les races sensibles comme le Labrador, le Berger Allemand, le Bouledogue Français ou le Bulldog Anglais méritent une vigilance accrue. Leur système digestif tolère moins bien les déséquilibres, et la déshydratation peut s’installer très rapidement chez un jeune chien.

La mise à la diète : pourquoi et comment

Pourquoi mettre votre chien à jeun

La première chose à faire face à une diarrhée bénigne, c’est de mettre votre chien à la diète. Pas de cruauté là-dedans, juste du bon sens. Son intestin est irrité, enflammé, débordé. Continuer à le solliciter en lui donnant à manger ne fera qu’aggraver la situation.

Le jeûne permet au système digestif de se reposer, de se régénérer et de stopper l’absorption de liquides corporels qui alimentent la diarrhée. Cela évite aussi que de nouvelles allergies alimentaires se développent, car la paroi intestinale fragilisée laisse passer des molécules qu’elle devrait normalement bloquer.

Durée et modalités pratiques

Retirez toute nourriture pendant 12 à 24 heures selon la sévérité des symptômes. Votre chien ne va pas mourir de faim, promis. Par contre, l’eau reste absolue priorité. Laissez-lui une gamelle d’eau fraîche à volonté et renouvelez-la régulièrement pour qu’elle reste propre et attirante.

Attention : cette règle ne s’applique pas aux chiots de moins de six mois, aux très petites races (comme les Chihuahuas ou Yorkshire), ni aux chiens âgés fragiles ou souffrant de maladies chroniques (insuffisance rénale, diabète, problèmes hépatiques). Pour ces profils, le risque d’hypoglycémie est réel. Appelez votre vétérinaire avant de tenter quoi que ce soit.

Que donner à manger après la diète

Le régime riz + protéines maigres

Une fois les 12 à 24 heures écoulées, vous pouvez réintroduire progressivement une alimentation fade, facile à digérer et apaisante pour l’intestin. Le combo gagnant, celui que tous les vétérinaires recommandent : riz blanc très cuit + protéines maigres.

Côté riz, faites-le cuire dans deux à trois fois plus d’eau que d’habitude. Il doit être presque collant, bien ramolli, presque en bouillie. Ce riz hyper-cuit est ultra-digestible et aide à restaurer la consistance des selles.

Pour les protéines, privilégiez du poulet bouilli sans peau, sans os, coupé en petits morceaux, ou du poisson blanc comme le cabillaud ou le colin, également cuit à l’eau. Rien de grillé, rien de frit, aucun assaisonnement. Juste bouilli.

Les proportions idéales : 3/4 de riz pour 1/4 de protéines. Ce ratio garantit une digestion en douceur sans surcharger le système digestif.

Ne donnez pas une grosse gamelle d’un coup. Proposez de petites portions toutes les 2 à 3 heures tout au long de la journée. Cela facilite l’assimilation, évite les à-coups digestifs et permet de tester la tolérance de votre chien à ce nouveau régime.

Poursuivez ce régime pendant 2 à 3 jours après l’arrêt complet de la diarrhée. Pas avant. Même si les selles se raffermissent, donnez le temps à l’intestin de vraiment se remettre.

L’eau de cuisson du riz

Ne jetez surtout pas l’eau de cuisson du riz. Elle contient de l’amidon qui a des propriétés apaisantes et protectrices pour la muqueuse intestinale. Vous pouvez l’utiliser pour humidifier les aliments de votre chien ou la lui proposer comme eau de boisson en complément de son eau fraîche.

Certains chiens la boivent volontiers, d’autres la boudent. Ne forcez pas, mais proposez. Conservez-la au réfrigérateur et réchauffez-la légèrement avant de servir.

Autres aliments utiles

Au-delà du duo riz-poulet, quelques aliments naturels peuvent aider à réguler le transit de votre chien.

Le potiron cuit nature (sans sel, sans sucre, sans épices) est riche en fibres douces qui aident à solidifier les selles molles. Donnez-en avec parcimonie : maximum 1 cuillère à soupe par jour pour 5 kg de poids corporel. Trop de potiron pourrait avoir l’effet inverse et relancer la diarrhée.

Le yaourt nature sans sucre apporte des probiotiques naturels qui participent au rééquilibrage de la flore intestinale. Une petite cuillère à café pour un chien de taille moyenne, pas plus. Évitez les yaourts aromatisés, sucrés ou allégés.

Les carottes cuites longuement (90 minutes minimum) libèrent des oligosaccharides qui aident à évacuer les bactéries pathogènes du tube digestif. C’est ce qu’on appelle la soupe de carottes façon Moro, un remède traditionnel aussi efficace chez les chiens que chez les humains. Mixez les carottes avec leur eau de cuisson et proposez-en de petites quantités.

Les compléments et solutions naturelles

Probiotiques et prébiotiques

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants (bonnes bactéries) qui repeuplent la flore intestinale après une attaque virale, bactérienne, médicamenteuse ou alimentaire. Les prébiotiques sont les fibres qui nourrissent ces bonnes bactéries.

Ils sont particulièrement utiles après un traitement antibiotique (qui tue aussi les bonnes bactéries), un épisode de stress intense (déménagement, séparation, changement dans la famille), ou un changement brutal d’alimentation.

Vous en trouverez sous forme de poudre, gélules ou pâtes appétentes chez votre vétérinaire, en pharmacie ou en animalerie. Privilégiez les formules spécifiques pour chiens, mieux dosées et adaptées à leur flore intestinale.

Électrolytes et réhydratation orale

La diarrhée fait perdre beaucoup d’eau, mais aussi des électrolytes (sodium, potassium, chlore) essentiels au bon fonctionnement de l’organisme. Chez les chiots, les chiens âgés ou affaiblis, cette perte peut rapidement devenir critique.

Des solutions de réhydratation orale comme Oralade ou Virbac Multi-Elektrolyte permettent de compenser ces pertes. Vous pouvez les proposer à la place de l’eau fraîche, surtout pendant la période de jeûne. Elles soutiennent l’organisme épuisé et préviennent les lésions d’organes liées à la déshydratation.

Charbon actif

Le charbon actif absorbe les toxines présentes dans le tube digestif. Il est utile si vous soupçonnez que votre chien a ingéré quelque chose de toxique (plante, déchet, aliment avarié) ou si la diarrhée fait suite à une bêtise culinaire.

Donnez-le toutes les deux heures ou juste après un épisode de diarrhée aiguë. Attention, le charbon actif ne fait pas de miracle et ne remplace pas une consultation vétérinaire en cas d’intoxication grave. C’est un coup de pouce, pas une solution universelle.

La reprise progressive de l’alimentation normale

À partir du 4e ou 5e jour, si votre chien va mieux et que ses selles ont retrouvé une consistance acceptable, vous pouvez commencer à réintroduire ses croquettes habituelles. Mais pas d’un coup. Jamais.

Mélangez progressivement le régime fade (riz + protéines) avec ses croquettes en augmentant les proportions de croquettes chaque jour. Par exemple : 75 % riz / 25 % croquettes le premier jour, puis 50/50, puis 25/75, puis 100 % croquettes.

Surveillez les selles à chaque étape. Si la diarrhée réapparaît, revenez en arrière et prolongez le régime fade quelques jours de plus.

Ce qu’il ne faut surtout pas donner

Certains aliments ou pratiques bien intentionnées peuvent aggraver la situation.

Le lait de vache est à proscrire. La plupart des chiens adultes sont intolérants au lactose et le lait ne fera qu’empirer la diarrhée.

Les restes de table, surtout s’ils sont gras, épicés, salés ou riches, sont à éviter absolument. Même si votre chien vous fait les yeux doux. Son intestin n’est pas en état de gérer ce genre de fantaisie.

Ne redonnez pas ses croquettes habituelles trop tôt. Même si elles sont de bonne qualité, elles restent trop concentrées et difficiles à digérer pour un système digestif fragilisé.

Évitez les médicaments humains sans avis vétérinaire. Le Smecta est souvent cité, mais son efficacité chez le chien est très discutable. L’Imodium (Lopéral) peut être dangereux, voire mortel, pour certaines races comme les Colleys ou les chiots de moins de trois mois. Ne prenez pas ce risque.

Enfin, ne donnez pas de vermifuge sur un coup de tête. Si la diarrhée est causée par des parasites, oui, un vermifuge sera nécessaire. Mais il faut d’abord identifier le parasite en question (tous ne répondent pas au même traitement) et s’assurer que votre chien est en état de le supporter.

Quand consulter le vétérinaire en urgence

Certaines situations nécessitent une prise en charge vétérinaire immédiate.

Consultez sans attendre si vous observez du sang rouge vif dans les selles ou des selles noires (ce qui indique un saignement digestif haut). C’est un signe d’inflammation sévère, voire de lésion grave.

Si la diarrhée persiste plus de 48 heures malgré la mise à la diète et le régime adapté, quelque chose de plus sérieux se joue. Cela peut être une infection bactérienne, virale, une infestation parasitaire résistante ou une pathologie digestive chronique.

Les vomissements répétés associés à la diarrhée signalent souvent une gastro-entérite qui nécessite un traitement médical, voire une perfusion pour réhydrater l’animal.

Un chien abattu, qui refuse de se lever, qui a de la fièvre (plus de 39,5 °C), ou qui présente un ventre gonflé et douloureux au toucher doit être examiné rapidement. Cela peut révéler une torsion d’estomac, une occlusion intestinale ou une infection grave.

Chez les chiots de moins de six mois et les chiens âgés fragiles, ne laissez pas traîner. Une diarrhée qui dure plus de 6 heures chez un chiot justifie un appel au vétérinaire. La déshydratation s’installe vite et peut être fatale.

Enfin, si vous soupçonnez que votre chien a ingéré un corps étranger (jouet, chaussette, os) ou une substance toxique (produit ménager, plante, chocolat, raticide), filez chez le vétérinaire. Même si la diarrhée semble bénigne au départ, les complications peuvent être rapides et graves.

Prévenir les récidives

Transition alimentaire progressive

Si vous devez changer l’alimentation de votre chien, faites-le toujours progressivement sur 7 à 10 jours minimum. Mélangez l’ancien et le nouvel aliment en augmentant chaque jour la proportion du nouveau.

Le tube digestif du chien s’adapte lentement. Un changement brutal perturbe la flore intestinale et déclenche presque à coup sûr une diarrhée d’adaptation.

Éviter les excès

Limitez les friandises et les restes de table. Un petit morceau de temps en temps, pourquoi pas. Mais une assiette entière de lasagnes ou un paquet de biscuits ? Recette garantie pour une nuit blanche et un jardin à nettoyer.

Respectez les portions recommandées par le fabricant de croquettes ou par votre vétérinaire. Un chien suralimenté est un chien qui digère mal.

Contrôler l’environnement

À la maison, interdisez l’accès aux poubelles. Les chiens adorent fouiller, et les déchets alimentaires sont une source majeure de diarrhées.

En promenade, surveillez ce qu’il ramasse et met en gueule. Apprenez-lui à ne pas manger ce qu’il trouve par terre. Plus facile à dire qu’à faire, certes, mais essentiel pour éviter les intoxications et les parasitoses.

Si vous allez à la plage, empêchez-le de boire l’eau de mer. Le sel provoque des diarrhées immédiates et peut entraîner une déshydratation sévère. Emportez une bouteille d’eau douce pour qu’il puisse se désaltérer.

Même vigilance pour l’eau stagnante (flaques, mares, étangs). Elle est souvent contaminée par des bactéries, parasites ou toxines qui déclenchent des troubles digestifs.

Vermifugation régulière

Les parasites intestinaux (vers ronds, vers plats, Giardia, coccidies) sont une cause fréquente de diarrhées chroniques ou récidivantes. Respectez le calendrier de vermifugation recommandé par votre vétérinaire : quatre fois par an pour un chien adulte, plus fréquemment pour un chiot.

Si votre chien fréquente des zones à risque (parcs à chiens, forêts, campagne), discutez avec votre vétérinaire d’une vermifugation plus rapprochée.

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