Votre chien traîne ses fesses au sol, se lèche frénétiquement l’arrière-train ou dégage une odeur de poisson pourri ? Ses glandes anales sont probablement engorgées. Savoir comment vider les glandes anales de mon chien permet de soulager rapidement l’animal, mais ce geste nécessite méthode et discernement pour éviter d’aggraver la situation.
Pourquoi les glandes anales se bouchent
Les glandes anales sont deux petites poches situées de chaque côté de l’anus, à environ 4 heures et 8 heures si on imagine un cadran. Elles contiennent un liquide brunâtre très odorant, riche en phéromones, qui sert à la communication entre chiens et au marquage territorial. Normalement, ces glandes se vident seules lors de la défécation : le passage des selles exerce une pression suffisante pour expulser une partie du liquide.
Le problème survient quand cette vidange naturelle ne se fait plus correctement. Les selles trop molles (diarrhées fréquentes) n’exercent pas assez de pression sur les glandes. À l’inverse, la constipation réduit la fréquence d’évacuation. Les parasites intestinaux constituent la cause la plus fréquente d’engorgement : les vers peuvent bloquer le canal d’évacuation ou perturber le transit. Enfin, certains chiens ont une anatomie défavorable : canal plus étroit, sécrétions plus épaisses, tonus musculaire anal plus faible.
Certaines races sont nettement plus exposées. Le Chihuahua, le Teckel, le Cocker, le Caniche, le Bichon et le Berger Allemand figurent parmi les plus touchés. L’obésité aggrave le problème, tout comme les troubles digestifs chroniques qui empêchent d’avoir des selles bien moulées.
Les signes qui ne trompent pas
Le signe du traîneau reste le symptôme le plus caractéristique : le chien s’assoit et se traîne sur le sol en se tractant avec les pattes avant. Ce comportement traduit une gêne importante, voire une douleur, au niveau de l’anus. Il cherche à se soulager en frottant la zone contre le sol.
Vous pouvez aussi observer un léchage intense de la région anale. Le chien se retourne sans arrêt pour atteindre son arrière-train. Ce léchage excessif provoque des rougeurs, puis des plaies qui peuvent s’infecter. Plus il se lèche, plus la zone s’irrite, et plus il a envie de se lécher.
L’odeur de poisson pourri est un autre indicateur fiable. Si vous sentez cette odeur très désagréable près de votre chien, notamment après qu’il s’est assis, c’est souvent lié à une fuite involontaire du liquide contenu dans les glandes. Vous pouvez aussi repérer des traces brunâtres ou jaunâtres sur son panier, le canapé ou le sol. Un gonflement visible près de l’anus, à droite ou à gauche, confirme l’engorgement.
Faut-il vraiment le faire soi-même ?
Laissez faire le vétérinaire si c’est la première fois que vous êtes confronté au problème. Il posera le bon diagnostic, écartera d’autres causes (tumeur, corps étranger, infection sévère) et vous montrera le geste si besoin. Consultez également en urgence si vous observez une douleur vive, un gonflement dur et chaud, un écoulement de pus ou de sang, ou si votre chien refuse catégoriquement qu’on le touche.
Vous pouvez intervenir vous-même si le vétérinaire a déjà diagnostiqué un engorgement simple, que votre chien est calme et coopératif, et que vous avez déjà observé la technique. Certains chiens ont besoin d’une vidange régulière (une à deux fois par an) en raison de leur anatomie ou de troubles digestifs récurrents. Dans ce cas, maîtriser le geste évite des allers-retours fréquents chez le vétérinaire.
En revanche, ne videz jamais les glandes par précaution si votre chien ne présente aucun symptôme. Une vidange trop fréquente ou inutile irrite la zone, provoque des inflammations et peut même rendre les glandes « paresseuses » : elles perdent leur capacité à se vider naturellement. Un chien en bonne santé, avec des selles bien formées et aucun signe de gêne, n’a pas besoin qu’on touche à ses glandes anales.
Technique de vidange externe étape par étape
Munissez-vous de gants jetables, d’une bonne quantité d’essuie-tout épais (prévoyez large, le liquide sort vite et fort) et de lingettes pour chien ou d’un shampooing doux. Si votre chien est nerveux ou de grande taille, demandez à une deuxième personne de le maintenir calmement.
Placez le chien debout, idéalement sur une table stable à votre hauteur ou sur le sol si vous êtes à l’aise. Positionnez-vous légèrement sur le côté pour avoir un bon angle de vue. Soulevez délicatement la queue vers le haut pour bien dégager l’anus.
Les glandes se situent sous la peau, légèrement en dessous de l’anus, à environ 4 heures et 8 heures. Vous ne les voyez pas à l’œil nu, mais vous pouvez parfois les sentir sous vos doigts gantés si elles sont gonflées : deux petites boules fermes.
Prenez une épaisseur d’essuie-tout dans votre main et placez vos doigts (pouce et index, ou index et majeur) de chaque côté de l’anus, juste en dessous. Exercez une pression ferme mais progressive, de bas en haut et légèrement vers l’extérieur, comme si vous vouliez faire remonter le contenu des glandes vers l’orifice anal. Le liquide sort généralement d’un coup, avec une certaine force. Il est épais, brunâtre ou jaunâtre, et l’odeur est vraiment nauséabonde.
Essuyez immédiatement l’anus et les poils autour avec de l’essuie-tout, puis nettoyez soigneusement la zone avec une lingette ou un gant de toilette humide. Si l’odeur persiste sur le pelage, un shampooing ciblé sur l’arrière-train peut être nécessaire. Lavez-vous soigneusement les mains même si vous portiez des gants.
Quand consulter en urgence
Si vous constatez un gonflement dur, chaud et douloureux près de l’anus, il peut s’agir d’un abcès en formation. Le chien gémit, refuse qu’on le touche, peut même devenir agressif par douleur. Ne tentez rien vous-même.
Un écoulement de pus (liquide blanc-jaunâtre épais), de sang ou une plaie ouverte nécessitent une prise en charge vétérinaire rapide. L’abcès a peut-être percé spontanément, ce qui soulage temporairement le chien mais demande un traitement antibiotique et des soins locaux.
Surveillez aussi les signes généraux d’infection : fièvre (truffe chaude et sèche, abattement), perte d’appétit, refus de s’asseoir ou de déféquer. Une infection des glandes anales non traitée peut s’étendre aux tissus voisins et provoquer des complications sérieuses.
Prévenir l’engorgement au quotidien
La vermifugation régulière reste la mesure préventive la plus efficace. Traitez votre chien au moins quatre fois par an, idéalement à chaque changement de saison. Si votre chien passe beaucoup de temps dehors, en forêt ou dans des parcs fréquentés, respectez scrupuleusement ce rythme.
L’alimentation joue un rôle central. Des croquettes de qualité, adaptées à la taille et à l’âge de votre chien, avec un bon équilibre en fibres, favorisent des selles bien moulées qui exercent la pression nécessaire sur les glandes. Évitez les excès de céréales ou de fibres insolubles qui ramollissent trop les selles. Si votre chien a des selles chroniquement molles ou dures, discutez d’un changement alimentaire avec votre vétérinaire.
Après un épisode de diarrhée ou de constipation, surveillez de près l’apparition des signes d’engorgement. Le transit perturbé peut laisser les glandes pleines pendant plusieurs jours. En été, évitez de promener votre chien dans les hautes herbes où les épillets peuvent se coincer dans la zone péri-anale et provoquer un abcès.
Lors du contrôle vétérinaire annuel, mentionnez systématiquement les antécédents de problèmes de glandes anales. Le vétérinaire peut profiter de la visite pour vérifier leur état et, si besoin, effectuer une vidange préventive chez les chiens prédisposés.
Vider les glandes anales de son chien reste un geste technique à réserver aux situations identifiées et aux propriétaires à l’aise avec la manipulation. En cas de doute, une consultation vétérinaire évite les complications et permet d’identifier la cause réelle du problème.
